L'annexe du Sablier

Auteur : Fuligineuse. Espace de stockage de petites fictions courtes et autres textes éventuellement poétiques

25 octobre 2008

Circonstances

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la rivière entraîne sans voir

les mots jetés à l’eau

les yeux fermés

 

la forêt engloutit les membres

repus de fatigue inconnue

dans un éclair

 

et le ciel aveugle s’étend

en l’absence totale

de son immunité

Posté par Catherine Merlin à 11:31 - poétal - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


19 octobre 2008

Facteurs nocturnes

Chaque nuit d’insomnie, ils viennent me rendre visite, m’apporter le courrier de l’autre monde, les lettres non écrites et les messages non envoyés.

Il y en a un grand et un petit, un Noir et un Blanc, un gai et un triste, un gay et un non-gay. Ils alternent de manière aléatoire. Je les soupçonne de tirer au sort, bien qu’ils affirment le contraire.

Je leur offre un peu de musique, une touche de blues, un verre de vin, parfois un soupçon de chocolat noir. Mais ils ne peuvent pas rester bien longtemps. Ils ont d’autres insomniaques à visiter.

Après leur passage, je lis mon courrier de la nuit et je corrige les épreuves.

Fuligineuse



Posté par Catherine Merlin à 11:57 - Fulgures - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 octobre 2008

Illusions retrouvées

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Il l’aperçoit soudain qui lui barre le passage et il tente de l'écarter sans lui demander ce qu'elle fait là. Il ne l'a pas vue depuis cette brève rencontre sur la rive du fleuve et il sent imémdiatement la fièvre le saisir. Faire des promesses, ce n'est pas un passage obligé, mais c'est une solution quand on n'a pas misé sur le bon cheval. On n'a pas la moindre intention de les tenir mais cela donne l'illusion d'avancer. Dans la pénombre, il voit à peine où il va. Il distingue vaguement des étagères de livres, un fauteuil crapaud aux coussins élimés, une petite table où sont abandonnées des cartes à jouer. Pourquoi toujours se priver de ce qui vous fait le plus envie ? Pourquoi ne pas s'abandonner aux délices du repos dominical dans les parfums puissants venant de la brûlerie de café voisine ? Il ne va pas jusque là, mais il se dit que les signes et les prodiges ne doivent pas être négligés. On peut toujours prendre le maître du monde pour un tigre en papier et le projeter jusqu’aux nuages.


Fuligineuse

Posté par Catherine Merlin à 14:14 - Interstitiel - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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