25 octobre 2008
Circonstances
la rivière entraîne sans voir
les mots jetés à l’eau
les yeux fermés
la forêt engloutit les membres
repus de fatigue inconnue
dans un éclair
et le ciel aveugle s’étend
en l’absence totale
de son immunité
19 octobre 2008
Facteurs nocturnes
Chaque nuit d’insomnie, ils viennent me rendre visite, m’apporter le courrier de l’autre monde, les lettres non écrites et les messages non envoyés.
Il y en a un grand et un petit, un Noir et un Blanc, un gai et un triste, un gay et un non-gay. Ils alternent de manière aléatoire. Je les soupçonne de tirer au sort, bien qu’ils affirment le contraire.
Je leur offre un peu de musique, une touche de blues, un verre de vin, parfois un soupçon de chocolat noir. Mais ils ne peuvent pas rester bien longtemps. Ils ont d’autres insomniaques à visiter.
Après leur passage, je lis mon courrier de la nuit et je corrige les épreuves.
Fuligineuse
18 octobre 2008
Illusions retrouvées

Il l’aperçoit soudain qui
lui barre le passage et il tente de l'écarter sans lui demander ce qu'elle fait
là. Il ne l'a pas vue depuis cette brève rencontre sur la rive du fleuve et il
sent imémdiatement la fièvre le saisir. Faire des promesses, ce n'est pas un
passage obligé, mais c'est une solution quand on n'a pas misé sur le bon
cheval. On n'a pas la moindre intention de les tenir mais cela donne l'illusion
d'avancer. Dans la pénombre, il voit à peine où il va. Il distingue vaguement
des étagères de livres, un fauteuil crapaud aux coussins élimés, une petite
table où sont abandonnées des cartes à jouer. Pourquoi toujours se priver de ce
qui vous fait le plus envie ? Pourquoi ne pas s'abandonner aux délices du repos
dominical dans les parfums puissants venant de la brûlerie de café voisine ? Il
ne va pas jusque là, mais il se dit que les signes et les prodiges ne doivent
pas être négligés. On peut toujours prendre le maître du monde pour un tigre en
papier et le projeter jusqu’aux nuages.
Fuligineuse
