L'annexe du Sablier

Auteur : Fuligineuse. Espace de stockage de petites fictions courtes et autres textes éventuellement poétiques

09 juin 2009

Jeux de glaces

302friedrich_small


du néant l’attraction chose voluptueuse
m’a capté dans ses lacs par un étranglement
et me tourmente en vain la mer tumultueuse
de cette vérité dont le miroir te ment
avec elle en plongeant dans ses yeux de tueuse
et conduit jusqu’au bord ténu d’éclatement
d’une impulsion gravie la cîme impétueuse

fuligineuse
image : Caspar David Friedrich,
Morning in the Mountain, 1822.
Musée de l'Ermitage, St Petersbourg
source : Web Gallery of Art

Posté par Catherine Merlin à 19:14 - poétal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


24 mars 2009

Trop noir

Trop noir, disait-il, trop sombre, trop triste.

Mon café n’était pas trop noir, mais mon poème, peut-être que si

Mon humour n’était pas trop noir, mais mon amour, peut-être que si

Bien des jours étaient trop noirs

Mais pas tes yeux.

 

Ecrit en septembre 2006

Posté par Catherine Merlin à 14:28 - poétal - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 janvier 2009

Le Tasse y lit

il vaudrait mieux que je t’oublie
il vaudrait mieux que je t’efface
de ma mémoire inétablie
que je n’ose plus voir en face

je sais la réalité plie
sous le fardeau de ce qui passe
et la journée est bien remplie
des tâches qui vous rendent lasse

Tancred_and_Herminia_from_Torquato_Tasso_s_PoemGerusalemme_Liberata_circa_1630_Posters

si de ton image pâlie
si encore un contour je trace
où ira ma mélancolie
vivra-t-elle si je trépasse

il vaudrait mieux que je t’oublie
(car l’histoire point ne repasse)
et que devant tous je publie
mon intention de contumace

alors peut-être de la lie
je boirai jusqu’au bout la tasse
et jetant tout ce qui s’entasse
je vivrai toute ma folie

Fuligineuse -
mars 07
Image : Nicolas Poussin, Tancrède et Herminie,
d'après le poème du Tasse "Jérusalem délivrée" (vers 1630)

Posté par Catherine Merlin à 17:50 - poétal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 janvier 2009

Nous ne sommes pas d'ici

Nous ne sommes pas d’ici.

Il n’y a aucun doute là-dessus : nous venons d’ailleurs.

On ne nous a pas demandé d’où.

On ne nous a pas demandé pourquoi.

On ne nous a pas demandé si.

Mais nous savons bien que nous sommes différents.

Cela se voit de tant de manières.

Les yeux que j’ai derrière le crâne.

La capacité que tu as de marcher sur les murs.

Ce n’est pas étonnant qu’on nous regarde.

Nous parlons pourtant à tout le monde.

Nous sommes différents mais nous sommes bienveillants.

Nous voulons être avec vous aussi.

Vous pouvez venir avec nous.

N’ayez pas peur de nous.

1403166723.JPG

N’ayez pas peur de nous.

Vous pouvez venir avec nous.

Nous voulons être avec vous aussi.

Nous sommes différents mais nous sommes bienveillants.

Nous parlons pourtant à tout le monde.

Ce n’est pas étonnant qu’on nous regarde.

La capacité que tu as de marcher sur les murs.

Les yeux que j’ai derrière le crâne.

Cela se voit de tant de manières.

Mais nous savons bien que nous sommes différents.

On ne nous a pas demandé si.

On ne nous a pas demandé pourquoi.

On ne nous a pas demandé d’où.

Il n’y a aucun doute là-dessus : nous venons d’ailleurs.

Nous ne sommes pas d’ici.

Fuligineuse

Posté par Catherine Merlin à 12:48 - poétal - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2008

Circonstances

P1020337small


la rivière entraîne sans voir

les mots jetés à l’eau

les yeux fermés

 

la forêt engloutit les membres

repus de fatigue inconnue

dans un éclair

 

et le ciel aveugle s’étend

en l’absence totale

de son immunité

Posté par Catherine Merlin à 11:31 - poétal - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mars 2008

Fallacieuse effraction

achèvement - l’arbre absorbe aérien l’aspérité
un animal amer admire souvent l’archéologie
le chemin du ciel correspond à l’intangible empire
où le courant délivre les cymbales de folie

 
la douceur qui dément la fallacieuse effraction
contemple des étoiles le faste silencieux
le fleuve appuie la musique souterraine
le nuage audacieux coule d’un onyx léger

 
l’image de la mer avale la fenêtre
la pierre qui roule expulse la vallée
ce délicieux délire en des limbes secrets
au bord des icebergs étire sa présence

 
alors le vent détruit sans préavis le mot précaire
alors la mer envahit le gouffre sonore
jusqu’au point où retentit le cri des étendards
jusqu’au feu qui va prendre et soulever les murs

stodola

encore
désordre évanescence des songes


Fuligineuse

image (Mexique) : photo de Luke Stodola via OpenPhoto

Posté par Catherine Merlin à 10:17 - poétal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 janvier 2008

Fractales

première fractale

debout dans le prélude
- dont je ne veux démordre -
je commence à graver le chaos
je trace sur le cristal de fastueuses écorchures
la vision fragile se garnit d’encoches
des nuages affligés se
traînent
et au milieu des épines froides
un épervier démesuré gravit
la gestation flottante qui tremble
pour démantibuler le simulacre
le corbeau délimite précisément
le coteau précaire qu’il va jouer
prostré dans le caniveau il échoue
tandis que
je secoue du haut du balcon
un baldaquin funèbre à entendre
une station balnéaire qui prétend
trier ses escaliers en spirale
d’une morne plaine éclaboussée de rires

 

deuxième fractale

debout dans le préfixe
- que je ne veux détenir -
je commence à gravir le tapis
je trace sur le givre de somptueuses encâblures
la vision fracassée se garnit d’encrages
des nuages effrayés se traînent
et au milieu des équinoxes fraternelles
un ermite décharné gribouille
la gravitation filante qu'il semble
pour démanteler l'issue du sacre
le carreau détermine précisément
le poteau calcaire qu’il va trouer
orné dans le carnaval il avoue
tandis que
je retourne du haut du sermon
un brodequin funeste à attendre
une station thermale qui entend
prier ses espaliers en stigmates
d’une corne pleine ébouriffée du pire

bosch_17centre

Hieronymus Bosch : Le Jardin des Délices (fragment)
- Musée du Prado. Image Web Gallery of Art

troisième fractale

d’une morne plainte égratignée de vides
debout dans le scrupule
à prier de ses paniers en cristal
- que je ne veux dépendre -
une passion qui se prétend caténaire
je commence à griller le chapeau
d'un paltoquet fragile à étendre
je trace sur le canal de somptueuses épluchures
je secoue du haut du carbone
la vision tragique qui se garnit d’enclumes
des images attablées se traînent
tandis que
au milieu des murènes fraîches
accroché dans le préambule vient échouer
un entonnoir démesuré qui gronde
dans la gravitation montante qui trace
le couteau précis qu’il va lécher
pour dénouer le sortilège
que le corbeau précisément délimite

 

quatrième fractale

d’une morne plante écartelée de lignes
debout dans le scriptorium
à griller de ses papiers en pisal
- que je ne veux descendre -
une action qui se prétend séculaire
je commence à étriller le râteau
d'un perroquet fertile à entendre
je trace sur le charnel de somptueuses enluminures
je secoue du haut de la couronne
la mission avide qui se nourrit de plumes
des virages attardés se plaignent
tandis que
au milieu des punaises frêles
décroché dans le vestibule vient embuer
un équinoxe déplié qui rôde
dans la grave attention constante qui place
le corbeau infiniment et déloge
pour dévouer le cortège
le couteau pressé qu’il va surgir


Fuligineuse

Série de poèmes initialement parus dans le Wikimaginaire

Posté par Catherine Merlin à 07:08 - poétal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 janvier 2008

Complainte du Veilleur de Rosée

Je suis le veilleur de rosée
Et vous écoutez ma complainte
Qui dans la nuit tristement tinte
Sans dire la question posée


Je suis le veilleur de rosée
La nuit est mon grand domicile
Lorsque dorment les imbéciles
C’est la douceur que j’ai dosée


Je suis le veilleur de rosée
Chez moi pas de grands sentiments
Juste un petit pressentiment
De la douleur que j’ai causée

A la fille la plus osée
Celle qui guette mon passage
Celle qui pour moi n’est pas sage
Je suis le veilleur de rosée


Fuligineuse

Posté par Catherine Merlin à 09:37 - poétal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 juillet 2007

Double jeu

atteindre enfin le marbre où il brille plus sombre

au versant du ravin où le corsaire sombre

s’accrochant au rebord est gravée une perle

aux yeux bleus verts de mer dont une larme perle

un chagrin inconnu voulant des pleurs verser

et de strophe en quatrain réciter son verset

même quand l’oubli rôde et son abîme creuse

au jardin du présent traînant une ombre creuse

qui entre sans frapper et sans fermer la porte

sans montrer le corps lourd que dans ses bras il porte

afin de te permettre un instant de panser

de lauriers le buisson qui meurtrit la pensée

Posté par Catherine Merlin à 14:27 - poétal - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2007

Ostensiblement

attentive au miroir dont le jeu recompose
en reflet le tracé d’un espoir évanoui
en rejet le passé d’un émoi épanoui
attend-il ostensoir dont le bleu se repose

incertaine au matin du semblable savoir
au passage du temps ravagé désormais
au pas sage du vent à nager du jamais
en semaine au satin du sabbat ne pas voir

apaisée ou dolente en des termes confus
ceux qui ne disent rien de ce qu’elle appréhende
ceux qui relisent bien décelant la légende
allégée insouciante enfin de ce qu’on fut

claesz
Peter Claesz : Nature morte au verre de vin et à la coupe d'argent
Staatliche Museen, Berlin - Source : Web Gallery of Art

 

Fuligineuse
7 avril 07

Posté par Catherine Merlin à 09:08 - poétal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »